L'hiver, le pelage du lemming à collier (Dicrostonyx sp.) devient blanc et des griffes allongées poussent pour creuser la neige durcie. Il vit surtout sous la neige, dans un réseau de tunnels où la température reste douce et le vent n'entre pas. Là, il broute saules nains, graminées et mousses, stockant des herbes dans de petites chambres.
Ses incisives à croissance continue scient les tiges ; le museau fouille, les vibrisses lisent le labyrinthe. Au cœur de la couche, il façonne un nid d'herbes sèches où naissent des portées rapides, promesse de printemps.
Ses cycles d'abondance font battre l'Arctique : quand le lemming à collier prospère, harfangs et renards élèvent mieux leurs jeunes. Lorsque la croûte glace ou que la fonte arrive trop tôt, le refuge s'effrite et les prédateurs gagnent du terrain. Invisible à l'œil nu, ce minuscule architecte rappelle que la neige est aussi un monde habité.
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Le plumage hivernal du Bruant des neiges (Plectrophenax nivalis), couleur crème et cannelle, brouille les contours comme un flocon posé. Le bec jaunit en hiver puis noircit au printemps, signe discret du changement de saison. Avec ses pattes partiellement emplumées, il avance sans geler sur la croûte brillante des champs et de la toundra. Au sol, il picore graines et herbes sèches, mais durant le court été arctique, il chasse aussi de petits insectes pour les jeunes. Il niche dans une anfractuosité rocheuse, tapissant la coupe de plumes et de poils que le vent lui offre.
La femelle couve, le mâle nourrit : la famille se construit dans le souffle bref de l'été polaire. En hiver, il migre vers nos plaines et littoraux, où l'on voit ses nuées tourbillonnantes comme des flocons vivants. Quand la lumière remonte, le brun s'efface et le noir et blanc ressort : la neige rend aux oiseaux leur éclat.
Le pelage double du renard arctique (Vulpes lagopus), jusqu'à 10 cm d'isolation, piège l'air froid comme une barrière de duvet. Pattes « gantées » et oreilles menues réduisent les pertes de chaleur ; son épaisse queue sert d'écharpe la nuit. Chasseur à l'oreille, il localise les lemmings sous la croûte et plonge tête la première comme une flèche dans la poudre.
Opportuniste, il complète au charognage et cache ses proies quand l'hiver s'étire. Son terrier ancien abrite la famille ; beaucoup de couples restent fidèles une saison, parfois plus. En été, le blanc devient brun-gris : la science du camouflage suit les saisons. Nomade quand la nourriture manque, il parcourt la toundra comme une virgule mobile du vent. Dans la lumière bleue, il disparaît à demi : preuve que la beauté est aussi une stratégie de survie.
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